INCIDENTS ET LITIGES
Les
litiges les plus courants portent sur
les mauvaises surprises concernant le bien, et les délais de signature de
l’acte authentique ; ils résultent le plus souvent d’un manque de
précision dans la stipulation des obligations, ou la non-exécution de ces
dernières.
Les omissions ou imprécisions
concernant le bien.
Si
le contrat est bien fait, il y est rappelé que le vendeur doit signaler toute
information de nature à vicier le consentement de l’acheteur, et prévient
explicitement la non-révélation de défauts cachés - gros ou petits -, ou leur
apparition. Or, c’est loin d’être toujours le cas.
La
formule « d’avant contrat » des notaires stipule le plus
souvent :
« L’acquéreur
devra prendre le bien dans l’état ou il se trouvera au jour de l’entrée en
jouissance, tel qu’il l’a vu et visité, sans recours contre le vendeur pour
quelque cause que ce soit et notamment pour mauvais état du sol ou du sous-sol,
vices mêmes cachés, erreur dans la désignation etc
… ». ( Me M. oct 2009)
« L’acquéreur
prendra l’immeuble dans l’état ou il se trouvera au jour de l’acte authentique,
avec ses qualités et ses défauts, sans pouvoir exercer aucun recours ni
répétition contre le vendeur qui s’exonère de la garantie des vices cachés
ainsi que l’y autorise l’article 1643 du code civil. …/… Il est ensuite précisé que le
vendeur qui connaît les vices mais ne les révèle pas ne peut s’exonérer, puis
que « le vendeur s’engage à
conserver l’immeuble dans son état actuel. » Mes B. L. et C. sept, oct 2009 et nov 2009 selon une
formule qui semble être celle des notaires de la Gironde.
Outre
que ces formules laissent l’acquéreur apparemment totalement désarmé, les contradictions y sont évidentes : Le jour de l’acte,
il y est stipulé que l’acheteur doit prendre la maison dans l’état ou elle est
le jour du SSP. Mais dans quel état est-elle ? Les vices doivent être
révélés, mais le vendeur n’est pas invité à les citer, pas plus que les défauts
ou les dégradations. Enfin que se passe-t-il s’il arrive quelque chose à la
maison entre le jour du SSP et l’acte authentique ?
D’un
autre coté, la justice est de plus en plus exigeante sur l’information des
acquéreurs, et un vendeur a par exemple été condamné pour ne pas voir révélé
que la maçonnerie était constituée de panneaux préfabriqués. Ces insuffisances
sont logiques dans le cas ou on recours à un notaire pour rédiger
l’ « avant contrat » ( voir notre
article sur le SSP) mais les formules de franchisés et grands syndicats d’agent
immobiliers ne valent généralement pas beaucoup mieux. De nombreux litiges s’en
suivent mais seulement les plus graves font l’objet d’une procédure, car comme
le plus souvent l’acheteur n’a pas revu la maison avant la signature de l’acte,
et que même dans ce cas, son camion de déménagement est alors devant la porte,
il n’a plus qu’à faire contre mauvaise fortune bon cœur.
Ce
n’est pas du tout ainsi que les choses doivent se passer, et les parties ne
connaissent le plus souvent pas leur bonheur à cet égard en traitant chez un
agent immobilier qualifié pour ce faire.
C’est en toute innocence qu’ils apprendront les « imprévus »
que telle ou telle de leurs relations aura rencontré après avoir acheté.
En nombre, la deuxième source de
litiges - tout au moins de déceptions -, concerne la non-obtention des crédits.
Comme
ne nombreux contrats ne se référent pas
à un plan de financement mentionnant les ressources et endettement des
acheteurs, on entend parler d’une vente sur deux qui échouent via certains de
nos concurrents ou notaires. Mais comme en plus, rien ou très peu de choses
sont prévues quant aux conditions de caducité de la vente du fait de la
non-obtention de prêts, le vendeur n’en est parfois prévenu que la veille de la
date prévue pour la signature … Lorsque le contrat est bien fait, les ventes
qui échouent de ce fait sont exceptionnelles.
Le non respect du délai de
signature de l’acte.
Le
contrat doit prévoir des pénalités de façon circonstanciée et précise mettant
les parties à l’abri de retards importants non justifiés. Par contre, des
retards de l’ordre d’une semaine ou quinze jours étrangers aux parties sont
très fréquents et peuvent être très préjudiciables lorsqu’on a quitté son
logement.
Or,
ceux qui sont à la source de ces retards – notaires et administrations - sont aussi quasiment inattaquables que
prompts à se décharger de toute responsabilité. Et comme, il faut bien s’en
prendre à quelqu’un, l’agent immobilier est parfois le bouc émissaire tout
trouvé.
Regardons
donc cela de plus près :
Concernant
le notaire du vendeur, les principales pièces qu’il a à obtenir sont :
-
un
état hypothécaire : 8 à 15 jours selon les bureaux.
-
ensuite,
il demande l’état de la dette auprès des créanciers inscrits : 8 à 15
jours de plus selon les banques.
-
Un
certificat d’urbanisme ( quel qu’en soit la
forme) : un mois.
-
Le
renoncement au droit de préemption : 5 à 30 jours selon les communes ( car il en est ou on est au service de ses administrés,
alors que ce serait plutôt l’inverse pour d’autres)
-
En
cas de division, un « document d’arpentage » et un bornage : 10
à 20 jours selon les géomètres et l’urgence.
Tous
ces délais n’étant évidemment pas cumulatifs, toutes ces pièces peuvent être réunies en un mois après la période de rétractation.
Malheureusement, c’est loin d’être toujours le cas, et cela presque toujours
pour la seule et unique raison que le notaire ne fait pas son travail à
temps ; il en est même qui attendent le jour de la signature pour
s’apercevoir qu’il leur manque quelque chose. En fait, si les abonnés à ce
genre de comportement sont minoritaires, le tout est qu’ils ne soient pas
dans votre région …
Coté
notaire de l’acquéreur, on doit seulement attendre la mise à disposition des
fonds par la banque et le dossier du vendeur. Le retard est rarement de son
fait, mais comme c’est lui qui doit établir l’acte, il fait écran aux
défaillances de son confrère.
Enfin, lorsqu’un litige se
profile, il
convient d’abord et surtout de relire attentivement le contrat. Il s’agit
ensuite de fuir quiconque donne son avis sans l’étudier sérieusement. Les
litiges les plus graves sont presque toujours provoqués par de mauvais
conseils ( et
en trente-cinq ans d’exercice, je ne me souviens pas d’avoir vu un conseilleur
– notaire, banquier, fonctionnaire de la DGCRF, les associations d’assistance
juridique étant les pires, revenir sur un avis initial erroné ). Bien qu’étant
payés même s’ils perdent, les avocats sont généralement les plus fiables
lorsqu’un litige se profile – généralement -. Par contre, pour ce qui est d’argumenter
efficacement, - il y a des bons et des moins bons -.
En
somme, les ennuis arrivent bien assez vite tout seuls
sans les chercher en bricolant des contrats qui ne doivent pas l’être.
X.NEBOUT.