QUEL
PRIX OBTIENDRA-T-ON DE SA MAISON ?
Les lois du
marché
Quelque soit
son prix de revient, tout bien se vendra au prix qu’un acheteur sera disposé à
payer. Une évidence ? Certes, mais quand et comment avoir cet
acheteur ? D’autre part, mis en
vente, c'est-à-dire : mis sur le marché, la valeur d’un bien dépend de trois
facteurs essentiels : les tendances, la concurrence, et l’étendue de ce
marché.
On comprendra
aisément que les tendances dépendent de l’humeur générale, de la confiance en
l’avenir, voire tout simplement du temps et des saisons.
La valeur
dépend aussi de ce qui est en vente par ailleurs: S’il y a une maison à vendre
dans le même secteur ayant les mêmes caractéristiques que la sienne, c’est la
moins chère qui se vendra en premier, et là cela peut durer très longtemps
lorsqu’un vendeur ne veut pas tenir compte de sa concurrence.
En outre, la
valeur marchande dépend aussi de l’étendue du marché. En effet, si on parle de la mise en vente de
sa maison à personne, autrement dit : si on réduit le marché à zéro, il
n’y aura pas d’acheteurs et la valeur marchande sera par conséquent nulle. Par
contre, si on la met en vente sur un marché de 100 acheteurs potentiels, on va
avoir une chance qu’elle intéresse quelqu’un, mais moins que si on la met en
vente sur marché de 100 000, et c’est en la mettant en vente sur la
totalité du marché des acheteurs potentiels que l’on aura en probabilité à
faire à celui auquel il convient le mieux, et donc à celui qui en offrira le
meilleur prix. Autrement dit : la valeur d’un bien est en probabilité,
proportionnelle à l’étendue du marché sur lequel on le met en vente.
Nous pourrions
en déduire que l’étendue du marché et donc la valeur dépend tout simplement de
la publicité faite à la mise en vente, mais un facteur vient ici se mettre en
travers d’une déduction hâtive :
En
effet : L’acheteur qui paiera le meilleur prix n’est en probabilité pas le
voisin qui n’y apporterait aucun intérêt sauf à ce que ce soit pour lui une
opportunité particulière, ni l’acheteur qui attend la « bonne
affaire ». Le véritable acheteur, c’est celui qui doit acheter, rapidement
ou tout simplement celui qui a vraiment besoin d’acheter. Or, cet acheteur, il
ne va pas se mettre à éplucher les sites et annonces de particulier à
particulier pour connaître une partie seulement des maisons à vendre, puis les
visiter une par une au grès des disponibilités des uns et des autres, et en
somme voir n’importe quoi à n’importe quel prix quand ce n’est pas pour
finalement apprendre que l’un des vendeurs n’est pas d’accord pour vendre, ou
qu’il y a un défaut caché.
L’acheteur
décidé va consulter les agences ayant « pignon sur rue » et
notoirement connues pour disposer d’un fichier étendu pour savoir ce qu’il y a
vraiment vendre et à quel prix on peut acheter.
C’est ainsi que l’agent immobilier, comme
tout intermédiaire utile, se paie sur la plus-value engendrée par le service
qu’il procure.
4/ Par contre, si le bénéfice cet
intermédiaire n’est pas proportionné aux services qu’il rend, il est pour tout
ou partie inutile et parasite le marché. C’est ainsi que certaines agences
immobilière à budget publicitaire ou notoriété insuffisante n’auront pas
survécu à la crise ( telle enseigne « low cost » à Fargues, Créon,
Artigues ), mais ce n’est pas non plus pour cela qu’il faut payer 20 ou 30%
plus cher sans justification réelle – telle grande enseigne régionale
notamment.
Estimations et experts.
L’estimation
d’un bien immobilier relève-t-elle d’une science ?
Les
« expertises » savamment calculées sont très tentantes par
l’apparence de sérieux qu’elles affichent. On prend la valeur du terrain, puis
celle de la construction, sa vétusté, quelques facteurs de moins value et de
plus value, et on tombe sur quelque chose qui semble plus crédible que le
l’estimation « pifométrique » d’un négociateur immobilier.
Or, comment
calculer la moins value apportée par une architecture ratée, une décoration
« très personnelle » ou un voisinage peu flatteur ? Un élément
déterminant, est le bien-être qui se dégage d’une maison ; comment le
calculer ? L’encombrement d’une
maison qui suggère un manque de rangements peut coûter cher … tout aussi cher
que les chiens du voisin aboyant d’un bout à l’autre des visites, comment le
calculer ? Le prix d’un point de vue fabuleux ? Celui d’une route bruyante ? Et puis,
maison de pierre ou pas de pierre ? En somme, autant diviser le prix
d’achat par l’âge du propriétaire et le multiplier par la température. Les
expertises « scientifiques » approchent un semblant de vérité dans
des secteurs ou les biens sont stéréotypés, comme un appartement dans tel
quartier de Paris. Par contre dans une zone semi rurale, elles relèvent du
boniment, et le plus sur est bien l’avis d’un négociateur. Se pose alors le sujet
délicat de sa crédibilité.
On voit certes
rarement, mais encore, des sous-estimations manifestes relevant de l’abus de
confiance. Elles se produisent généralement dans le cadre de mandats exclusifs
sur recommandation « de confiance ». L’intermédiaire indélicat prend
une commission facile ou fait acheter par une connaissance, et cela se fait si
vite que le bien n’apparaît quasiment pas sur le marché.
A l’inverse, le
vendeur ayant tendance à surestimer son bien se sentira flatté par une
surestimation et en voudra à celui qui fait une estimation sincère. La mise en
concurrence des agences lors de l’estimation tend ainsi à la surestimation, et
là, le phénomène est loin d’être rare.
Il y a aussi
des négociateurs inexpérimentés, ou n’étant pas au mieux de leur forme – en
fait, notamment lorsque le bien est atypique, l’estimation est parfois
difficile -.
Il semble
relever du bon sens qu’il ne puisse y avoir d’expert en sa profession que celui
qui y excelle, mais en immobilier, les experts immobilier fusent-ils
« agréés » sont souvent et surtout des experts en relations pour se
voir confier des expertises.
Comment en effet
un expert qui n’est pas agent immobilier pressentira-t-il les objections des
acquéreurs ? Un agent immobilier
expérimenté a déjà parfois du mal à faire une estimation à 10% près dans son
secteur géographique; comment tel qui n’est pas en contact avec le marché local
pourrait-il le savoir avec une marge d’erreur tolérable ? Nous avons dit
tolérable, mais par qui ? Ceux qui par
leurs fonctions, confient des estimations aux « experts » n’en ont
manifestement que faire, et que les braves gens soient lésés à 25% près sur des
sommes considérables ne leur est en rien préjudiciable.
Certains
« experts » judiciaires ou de banques consciencieux consultent des
agences ; nous en voyons même qui sont sincèrement très gênés par leur
imposture, mais ils ne vont pas jusqu’à proposer un honoraire à l’agent
immobilier pour son concours, alors que les agents immobiliers le pratiquent entre
eux lorsqu’ils sont consultés pour un bien situé hors de leur zone d’activité.
Mettre sur le marché n’est pas mettre en
foire
Si on voit une
même maison à vendre dans toutes les agences et dans tous les sites et journaux
depuis un an, autant ajouter : « on arrive pas à la
vendre ! » Si en plus on la voit à tous les prix au grès des caprices
d’un vendeur qui baisse chez l’un et pas chez l’autre outre les disparités de
tarifs des agences, autant ajouter « faites votre prix ! »
Parmi les agences qui ont la
notoriété requise, il faut choisir – vouloir choisir -. Or, beaucoup de
vendeurs ont d’étranges façons de le faire. En effet, chaque fois que l’on fait
visiter inutilement une maison en vente, on la galvaude un peu plus. Cependant,
il y a des agences dont la politique est de montrer à tout va pour faire plaisir
aux vendeurs. A juste titre, car il en est qui évincent les agences qui ne font
pas assez visiter. Or la plus performante n’est pas celle qui fait beaucoup
visiter mais celle qui vend, c'est-à-dire celle qui sait faire une jonction
pointue entre une offre et une demande – ce qui est bien différent -. La valeur d’une maison dépend donc aussi
en partie de l’agent immobilier auquel en confie la vente, et de la manière
employée pour le faire.
X.N.